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Mariage d’enfants au Burkina : Une audience foraine pour sensibiliser sur une pratique repréhensible

LEFASO.NET | Par Nicole Ouédraogo

dimanche 22 décembre 2019

Le tribunal de grande instance de Léo a tenu ce vendredi 20 décembre 2019, une audience hors des murs du palais de justice. Cette audience foraine s’est tenue dans la salle de réunion de la mairie de Cassou, localité située à une trentaine de kilomètres de Sapouy (province du Ziro). Sur le banc des accusés, un jeune homme de 25 ans qui aurait enlevé sa petite amie âgée de 16 ans.

Mariage d’enfants au Burkina : Une audience foraine pour sensibiliser sur une pratique repréhensible

Les faits remontent en novembre 2019 où M. Rouamba, un cultivateur résidant à Thiao, confiait à la police de Cassou, l’enlèvement de sa fille par un jeune homme. En effet, pour les besoins de sa scolarité, Balkissa, cette élève en classe de 4e qui vivait à Cassou, entretenait une relation avec un jeune homme à l’insu de ses parents jusqu’au jour où un certain Abdou Yanogo, est allé rencontrer M. Rouamba. Il lui a lui fait part du désir d’un jeune du nom de Boureima Nikièma, d’épouser sa fille . Si M. Rouamba a refusé d’accéder à la requête du jeune Boureima en vue de permettre à sa fille de poursuivre ses études, il apprendra plus tard, que cette dernière ne se rendait plus à l’école.

Cherchant à comprendre l’absence de sa fille, il se rendit compte que celle-ci avait fait l’objet d’un enlèvement par le jeune Boureima. Après toutes ses démarches pour faire entendre raison au ravisseur de sa fille, M. Rouamba finit par confier l’affaire au service de police de Cassou. Une enquête a donc été ouverte et M. Nikièma fut interpellé.

A la barre ce vendredi 20 décembre, Boureima reconnaitra avoir enlevé la fille du sieur Rouamba une nuit à Cassou, mais avec l’accord de cette dernière. Après avoir conduit Balkissa à Kokolgho, Boureima s’était lui-même refugié à Koudougou. Ce n’est qu’après avoir été gardé à vue, qu’il ramènera la victime. Balkissa quant à elle, avouera durant son interrogatoire, entretenir des relations avec sieur Boureima Nikièma depuis deux ans.

Relevant une constance dans la déclaration faite par M. Nikièma au cours de l’enquête préliminaire, le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Léo, Abou Bakary Hié, a indiqué que l’acte commis par M. Nikièma constitue un enlèvement. Cet acte dit-il, est puni selon les dispositions de la loi, d’une peine d’emprisonnement de 1 à 10 ans et d’une amende de 1 à 5 millions. Et si dans le cas de cette affaire, la victime elle-même était consentante, le procureur affirme que ce fait ne pourrait disculper M. Nikièma, mais néanmoins, alléger la peine prévue. La victime étant toujours sous l’autorité parentale, il avait d’ailleurs reçu une réponse négative quant à leur union.

Déclaré coupable pour fait d’enlèvement « sans violence, ni menace », le ministère public a requis une peine d’emprisonnement de 36 mois dont 30 mois assortis de sursis et une amende de 2 millions assortie de sursis. « La sensibilisation doit primer sur la sanction. Je veux faire comprendre à M.Boureima que l’acte qu’il a commis est interdit par la société et doit être banni de ses agissements. Il doit servir de relai pour tous les jeunes de son âge qui voudraient agir ainsi », a commenté le procureur. Le président du Tribunal de grande instance de Léo, Bepoadi Sinini, s’inscrira dans la même dynamique en conviant les parents de Balkissa à être plus regardants sur l’éducation de leur fille.

Trois mois ferme pour Boureima

Du verdict, il sera retenu 12 mois de prison dont 9 mois de sursis et une amende d’un million assortie de sursis pour sieur Boureima. Pour le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Léo, l’audience foraine organisée avec le concours de l’ONG Mwangaza Action, entend rapprocher la justice du justiciable et sensibiliser la population sur des faits qui gangrènent la société burkinabè. « Pour nous, il était intéressant qu’on puisse faire comprendre à la population que cette pratique est interdite par notre loi positive. Ce sont des phénomènes qui perdurent et qui semblent être acceptés par nos croyances et nos coutumes », a-t-il noté.

Spécialisée en mobilisation sociale et participation communautaire, Mwangaza Action est une organisation burkinabè à vocation sous-régionale et internationale. L’ONG a été créée en novembre 1995.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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